BBC World Service Home > Portrait > Revue de presse > Radio > BBCBBC World Service, 17 Août 2001 Xavier Kreiss Interview de M. Micheloud qui répond au courrier d'un auditeur qui demandait ce qui différenciait les comptes bancaires suisses des
autres comptes et s'ils étaient réservé aux milionaires. Journaliste: "Qu'est-ce qui rend les comptes bancaires suisses si spéciaux" ?
M. Micheloud: "Chaque pays a sa spécialité, la France a sa gastronomie, nous, en Suisse, nous
avons des banques. Il y a en Suisse plus de cent-mille personnes qui travaillent dans le système bancaire et, depuis plusieurs siècles, la Suisse est le choix qui s'impose pour beaucoup lorsqu'il s'agit d'investir de l'argent en dehors de son propre pays, ce qu'on appelle l'argent off-shore."
Journaliste: "Et non seulement les Banques suisses sont efficaces, mais elles sont aussi, et ça c'est crucial,
très discrètes."
M. Micheloud: Oui, bien sûr, le métier de banquier exige beaucoup de qualités, dont bien sûr la prudence et énormément de discrétion. Ce qui veut dire qu'un banquier n'a le droit de réveler aucune information concernant quiconque ayant un compte dans la banque en question. Il en a d'ailleur l'interdiction légale, c'est à dire que si un banquier révèle une information quelconque, même anodine, il peut
être incarcéré. Cependant, cette obbligation de secret professionnel qu'ont les banquier suisse a bien sûr des limites qui sont fixée très précisément dans la loi et qui leur permet de réveler des informations, si un juge suisse lui
le demande. Mais le juge n'est en droit de les demander, que s'il a suffisamment
d'éléments de preuve comme quoi un client donné a commis un crime qui est punissable par le code pénal suisse. Sont entendus bien sûr les crimes graves comme la corruption, le trafique de drogue,
l'extorsion et ce genre de choses. Ce qui veut dire qu'à partir de ce moment là, il n'y a plus de secret bancaire suisse, le compte est bloqué, et c'est le juge en question qui décide du futur du compte de la
personne.
Journaliste: "Et si un individu d'un pays donné veut classer son argent en Suisse, à l'insu du fisc de son pays, les autorités hélvétiques ne s'y intéresseraient pas pariculièrement."
M. Micheloud: "Effectivement, ce qu'on appelle l'évasion fiscale, c'est à dire simplement de ne pas déclarer un revenu ou un partimoine, ne constitue pas, en Suisse, un crime passible du code pénal, mais c'est simplement un infraction administrative. On ne peut pas lever le secret bancaire
suisse pour des affaires fiscales simples. Cependant, pour ce qu'on appelle l'évasion fiscale (faux bilans, fausses factures,...), dans
certains cas, un juge suisse peut décider de lever le secret bancaire. Et il n'y a pas de raison de s'attaquer à la sphère privé des citoyens
en autorisant à une autorité gouvernementale d'accéder selon sa bonne volonté au secret bancaire, vu que les impôts sont raisonnables ce qui fait que les citoyens sont honnêtes.
Nous pense que ça n'a pas lieu d'être." |